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  • Il est sûrement difficile de parler de l'aphasie au moment où on la vit… Mais j'ai un peu de recul aujourd'hui (par rapport à hier) et, aphasique, je ne l'ai pas toujours été — ce qui invalide la thèse de la causalité organique, qui la ferait présente dès l'apparition du langage.

    Je trimballe trop de bagages ; lestée de toute cette ferraille, je me meus avec peine et reste douloureusement à quai quand tout le monde est en partance — insouciant, léger. Les malles sont inexorablement liées à moi, par un élastique qui me ramène brutalement à elles dès que je prétends m'en éloigner ou m'en affranchir. C'est ce qu'on appelle un voyageur avec bagages.

    Je croyais qu'une amélioration était possible, j'en étais venue à la croire effective, quelle illusion, je suis plus pétrifiée que jamais ! Statufiée, stuporeuse, tétanisée, paralysée ! Mon écriture manuaire devenue illisible et tellement laborieuse. Je n'arrive pas à former les lettres, comme je n'arrive pas à former les idées ; que reste-t-il du langage…

    Sans langage, que reste-t-il de l'humanité… Alors, oui, on a raison de considérer les fols somme des bêtes, et les bêtes comme des bêtes… Quant à en déduire une quelconque supériorité des uns sur les autres, voilà ce que j'en pense. Surtout, je sais bien qui est, de loin, supérieur à qui.

    Je ne crois plus en Dieu, Dieu ne croit plus en moi, on a perdu la foi.

    Mais ça c'était hier (ou avant-hier, ou avant-avant-hier, je ne sais plus), j'avais voulu retenir ce moment historique, mais aujourd'hui tout est différent, alors tout est permis quand Dieu est. Mais aujourd'hui tout est encore différent…



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  • « Père, pourquoi m'as-tu abandonné ? » Une telle 2. Variations sur le thème de l'enfermement en soiapostrophe ne peut provenir que de celui qui n'a pas été abandonné et le sait, de celui qui sait que ce père l'écoute, l'entend, est attentif à sa souffrance. Quand on sait qu'on se heurtera au vide, à l'inaltérable silence, on ne se donne plus la peine de prier, d'implorer, d'invoquer, de hurler, d'invectiver, on se tait, parce qu'on sait que personne n'entend sa souffrance, importune toujours.

    La souffrance de l'autre est importune toujours. La sienne propre n'est jamais assez entendue.

    Vient un moment où un animal battu, maltraité ne cherche plus à se défendre ou à se protéger, il tourne simplement son regard vers son bourreau. Il ne comprend pas. Ils seront nombreux les animaux à nous regarder très bientôt. Et nous ne pourrons pas toujours faire ceux qui ne comprennent pas.

    Je ne dis pas par là que Christ est un marchandeur et un imposteur, je dis par là qu'il n'est pas un orphelin. On ne s'adresse qu'à celui qui est, et qu'on sait qui est.

    2. Variations sur le thème de l'enfermement en soiIl a été chanceux… Sa souffrance terrestre n'aura pas été vaine, même si elle n'aura servi à rien pour les autres, autres que lui. Il n'a racheté que son âme, à nous de pâtir en croyant racheter la nôtre, mais c'est illusoire. C'est notre différence d'avec lui, notre souffrance est vaine, nous ne rachetons rien du tout, c'est un acte sans contrepartie. Plus beau que le sien… et cette constatation n'est pas blasphème.

    Mais c'est insensé, c'est un être insensé, s'il est im-peccable, quel besoin avait-il de racheter ses péchés, il n'y avait rien à racheter ; sa souffrance, aussi, aura été vaine. Comme tout est infiniment désespérant…

    L'absence, le silence condamne à la pétrification, à la stupeur. Il n'y a rien à dire, rien à demander, rien à espérer, il suffit d'attendre, que, peut-être, selon un hypothétique bon plaisir, cela cesse. Peut-être ! On n'est sûr de rien, ça peut ne jamais cesser, aussi inouïe, intolérable et révoltante que paraisse, que soit cette possibilité.

     


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  • Le temps suspend son bloc.



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  • Indépendante de la peur régissant une société est l'angoisse régissant un individu, ou plutôt est-ce l'exact contraire… les deux courbes pourraient bien être inversement proportionnelles. L'angoisse de l'individu fléchit quand la peur collective croît, puisque l'angoisse l'est d'autant plus qu'elle n'a pas de mobile tangible ; dès lors qu'un mobile est identifié, elle n'a plus d'objet, elle n'est plus irriguée ou elle se nourrit ailleurs, à d'autres sources troubles.



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