• Aphasie générale (AG)

    Il est sûrement difficile de parler de l'aphasie au moment où on la vit… Mais j'ai un peu de recul aujourd'hui (par rapport à hier) et, aphasique, je ne l'ai pas toujours été — ce qui invalide la thèse de la causalité organique, qui la ferait présente dès l'apparition du langage.

    Je trimballe trop de bagages ; lestée de toute cette ferraille, je me meus avec peine et reste douloureusement à quai quand tout le monde est en partance — insouciant, léger. Les malles sont inexorablement liées à moi, par un élastique qui me ramène brutalement à elles dès que je prétends m'en éloigner ou m'en affranchir. C'est ce qu'on appelle un voyageur avec bagages.

    Je croyais qu'une amélioration était possible, j'en étais venue à la croire effective, quelle illusion, je suis plus pétrifiée que jamais ! Statufiée, stuporeuse, tétanisée, paralysée ! Mon écriture manuaire devenue illisible et tellement laborieuse. Je n'arrive pas à former les lettres, comme je n'arrive pas à former les idées ; que reste-t-il du langage…

    Sans langage, que reste-t-il de l'humanité… Alors, oui, on a raison de considérer les fols somme des bêtes, et les bêtes comme des bêtes… Quant à en déduire une quelconque supériorité des uns sur les autres, voilà ce que j'en pense. Surtout, je sais bien qui est, de loin, supérieur à qui.

    Je ne crois plus en Dieu, Dieu ne croit plus en moi, on a perdu la foi.

    Mais ça c'était hier (ou avant-hier, ou avant-avant-hier, je ne sais plus), j'avais voulu retenir ce moment historique, mais aujourd'hui tout est différent, alors tout est permis quand Dieu est. Mais aujourd'hui tout est encore différent…



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