• Du normal au pathologique et du pathologique au normal

    De l'un à l'autre, nulle rupture, nul clivage, nulle différence qualitative. Le pathologique est du normal hypertrophié, exaspéré, de l'extranormal. Tout normal peut donc glisser vers un schéma pathologique. Pour peu que les circonstances et les prédispositions l'y aident. C'est un fâcheux concours de circonstances qui amène le normal vers le pathologique, un malheureux hasard. Non pas, mais en tout cas la conjonction d'un terrain d'hyperesthésie prédisposant et de microtraumas répétés — dans l'enfance dit-on.

    Il faudrait donc, pour prévenir les choses (mais n'est-il pas nécessaire qu'elles adviennent… ?), intervenir dans la prime enfance, dès les premières années, dès les premiers signes d'extrême perception de l'esprit juvénile. L'ôter dès ce moment de son cadre traumatique pour l'implanter dans un milieu surprotégé, apaisant, compréhensif, ouvert, permissif peut-être. Voilà, il faut ôter le bâtard de sa famille avant qu'il n'en devienne le bouc poussé vers le désert, sans armes ni ressources. Car il faut des armes pour vivre,  pour cette vie qui n'est que cruauté, conflits (d'ego), pugilats, inconscience. Voilà cette vie. Voilà dans quoi « on » veut nous inscrire. Plutôt vomir. Vomir et crever dans son vomis !

    Avant qu'il n'absorbe, à la façon d'une éponge hyperabsorbante, les tares multiples, innombrables de son milieu originel, il faut l'écarter bien vite. Il faut l'arracher des tentacules familiaux, de leur emprise gluante, avant que leur empreinte n'en devienne définitive, avant qu'il ne soit trop tard, que le front soit marqué. L'omega mélancolique sur un front si jeune, c'est presque triste, mais c'est plutôt réjouissant au milieu de tant de fronts lisses et insipides.

    Oui, il est bon que l'esprit soit éprouvé. Il est bon de connaître la douleur pour ne pas vouloir la transmettre à son tour et pouvoir l'identifier chez autrui. Comment aider l'autre en souffrance si l'on n'a pas soi-même l'expérience de la souffrance ; on ne peut que l'abaisser plus encore, que l'étouffer davantage, que l'asphyxier définitivement. Il y a une infinité de gens, de normaux qui s'emploient à cela. Je le dis tout de go, ils représentent la lie de l'espèce humaine, ce qu'il y a de plus abject et de plus vil, la tourbe stérile qui se reproduit indéfiniment, le parasitage insoluble. Car ces gens ne disparaissent pas, ils sont voués à se reproduire à l'infini, un modèle de nuisance et de parasitage reproduit pour les siècles des siècles. Ils existent pour qu'en chacun de nous le fond de haine reste vivace.

    Du normal au pathologique, c'est une chose, possible ; du pathologique au normal, c'en est une autre et elle me semble bien plus improbable — quoi qu'en disent certaines statistiques. Au moins cela fait un paragraphe vite torché.


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