• Quand la peur régit la cité

    La peur permet que chacun se censure sans qu'il soit besoin de faire appel à une instance répressive extérieure. La répression devient ainsi superflue, n'a plus lieu d'être. Quand chacun l'exerce sur soi, spontanément et en prophylaxie, la paix sociale est assurée. L'oppression n'en est que plus palpable et étouffante mais toujours sous forme latente, vague, indéfinie, presque mythique, on en doute… Le but d'une société n'est certes pas le confort de ses membres ! (Quel est-il d'ailleurs, et y a-t-elle seulement songé…) Le confort de quelques-uns suffit, car, contre toute attente, certains se satisfont d'une telle configuration. Ils sont ainsi assurés d'être entre eux, sans éléments différents donc potentiellement perturbateurs.

    Plus une masse humaine est nombreuse, plus, pour prévenir tout trouble, tout soulèvement, toute velléité de révolte, l'instauration de la peur est indispensable. C'est un nouveau mode de gouvernement, du moins à une telle échelle, car on a déjà connu d'autres formes de terreur. Elles ont en commun de laisser leurs ouailles, dans leur grande majorité, dans l'inconscience de leur état d'assujettissement.

    Peur de la répression sous toutes ses formes, peur de l'inquisition, des mots, de l'enfermement, de la souffrance, de la dépendance, de ses réactions, de ses pensées, de ses paroles, de soi, peur indéfinie de l'autre indéfini. Mais toujours et avant tout la peur de soi. Voilà où nous en sommes et les espaces censément de libre expression que sont les blocs n'ont pas besoin de superviseurs et autres modérateurs, puisque chacun, de soi-même, s'attelle à la tâche d'autocensure.

    C'est formidable la démocratie, la voix de quelques-uns relayée par tous les autres, qui l'épousent d'une seule même voix… Ce gigantesque hymen était inespéré, on ne l'aurait pas même rêvé dans un cadre utopique. Cette inaltérable communion de pensées, de vues, d'objectifs, de fins et de moyens. Comme c'est beau ! et beau comme…

    Pour conclure, je dirai que quand la peur régit une société cette société devient une société régie par la peur… Et ceux qui seraient tentés de mettre un terme à cet état de fait deviendraient dRécréation'odieux régi-cides et de dangereux éléments qu'il conviendrait d'écarter de la cité au plus vite, en prophylaxie toujours, et pour le mieux de tous ses membres. Mais ne nous inquiétons pas, les vigies veillent et de tels tristes individus seraient neutralisés avant que d'esquisser le moindre geste malheureux. Ainsi, allons en paix, continuons dans cette voie et que le diable nous garde.

     


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