• Une déclaration

    Ce serait une erreur de croire que je n'aime pas la psychiatrie, au contraire ! je l'affectionne tout particulièrement, car, en l'absence d'un très officiel Bureau du suicide, il n'existe pas d'autre organe qui aide à mourir dans ce vieux pays, compassé dans son haut faux col empesé. Si je dois néanmoins lui adresser un petit grief — car rares sont les amours exclusives —, ce serait celui de prétendre aider les gens à vivre. Allons ! qui croira cela ? Nous savons depuis un incalculable nombre de lunes que c'est chose impossible, puisque, si Dieu ne peut aider l'homme, certainement ce ne sera pas l'homme qui pourra aider l'homme, mais cette déclaration d'intention est tellement touchante…

    La psychiatrie n'a aucune raison d'avoir honte, elle s'est fixé un noble dessein (certes, ses méthodes sont parfois contestables) et elle est largement plébiscitée pour le sérieux et l'efficacité de ses services et des incontestables — eux — résultats qu'elle obtient. Je lui tire mon chapeau ! Elle porte haut les couleurs de l'artisanat d'art, fabriquant de la mort avec tant d'abnégation et au rythme de l'usinage mais avec le savoir-faire de l'artisan.

    Dieu sait qu'on a besoin d'entreprises salubres et reconnues d'utilité publique comme la psychiatrie. C'est donc tout naturellement que j'y ai eu recours, ou, plutôt, qu'on y a eu recours pour moi ; seulement, pour mon malheur, la famille s'est interposée, empêchant l'entreprise d'aide de parvenir à son terme. Partout et toujours, on ne le répétera jamais trop, la famille est un incorrigible boulet.

     


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